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Traductions de la Bible : choix et utilisation

Dans un groupe d'animation biblique, pourquoi et comment choisir une traduction de la Bible pour lire ensemble ?


Des traductions multiples et de divers types

Depuis une soixantaine d'années les traductions de la Bible se sont multipliées de façon extraordinaire : non seulement la Bible est traduite dans des langues de plus en plus nombreuses, mais il existe maintenant dans les langues occidentales des types de traduction très diversifiés.

Les différences entre les traductions

  • Les différences portent sur les traductions dans leur globalité. Elles viennent alors :
    • des objectifs précis concernant le public auquel telle ou telle traduction est destinée,
      • de l’usage pour lequel elle est prévue,
        • de la méthode employée pour la mener à bien.
  • Les différences portent sur une expression ou un terme précis ou encore sur un ensemble délimité, parce que le texte original
    • est difficile ou comporte des variantes textuelles importantes
      • suscite des interprétations différentes

Cela implique que la traduction proposée pour une animation biblique soit choisie après examen et réflexion.

D'un type de traduction à l'autre

Il existe actuellement en français de nombreuses traductions que l'on peut en partie classer selon des types :

  • œcuménique : par et pour des chrétiens catholiques, protestants de toutes obédiences et des orthodoxes.
  • dans une tradition chrétienne particulière : catholique, protestante, évangélique pour des publics ayant la même identité confessionnelle. Dans le monde protestant citons la Nouvelle Bible Segond (NBS), dans le monde évangélique la Segond 21 et dans le monde catholique la Bible de Jérusalem (BJ).
  • à équivalence formelle : le plus possible dans la syntaxe et le vocabulaire des langues d'origine (hébreu, araméen et grec).

Exemple: (...)afin de célébrer la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés en son bien-aimé. En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des fautes selon la richesse de sa grâce (...) Epître aux Ephésiens 1.6-7 selon la NBS.

  • à équivalence dynamique : le plus possible dans la syntaxe et le vocabulaire du français couramment parlé.

Exemple : Alors chantons la gloire de Dieu pour la grandeur de ses bienfaits ! Il nous les donne généreusement par son Fils très aimé. Dans le Christ, par son sang, nous sommes libérés du mal, et nos péchés sont pardonnés, tellement la bonté de Dieu est grande ! Epître aux Ephésiens 1.6-7 selon Parole de Vie (PDV).

  • pour une étude des textes : destinée à un public cultivé avec des introductions longues, des notes nombreuses et fouillées, des encarts, etc.
  • pour une première approche des textes : destinée à un public qui n'a pas de culture biblique avec des introductions courtes et adaptées, les notes essentielles à la compréhension.

Une situation complexe

Mais la situation est complexe, parce que les types décrits plus haut indiquent une priorité de la traduction. En fait :

Les types peuvent se combiner :

  • La TOB par ex. est une bible œcuménique (c’est son objectif prioritaire), mais c'est aussi une version d'étude, en tout cas pour l'édition avec des notes approfondies, et une traduction majoritairement à équivalence formelle.
  • La NBS est une bible protestante, mais c’est aussi une bible d’étude avec une traduction majoritairement à équivalence formelle.

Une même traduction du texte peut connaître plusieurs éditions.

  • La bible du Semeur est une version à équivalence dynamique, pour une première approche des textes, produite par et conçue pour des protestants évangéliques. Cependant une édition d’étude avec des introductions et des notes plus développées est parue en 2001.
  • La bible Parole de Vie (en français fondamental) est une version à équivalence dynamique, pour une première approche des textes, conçue pour un large public. Elle existe en trois éditions : catholique, œcuménique, protestante, selon l’ordre adopté pour les livres de l’Ancien Testament et leur nombre.
  • La TOB et la NBS sont des bibles d’étude, mais il en existe des éditions avec seulement des notes essentielles.
  • Par ailleurs les traductions sont périodiquement révisées c’est-à-dire revues plus ou moins dans le détail pour en corriger des erreurs, tenir compte des progrès de la recherche biblique, de l’évolution de la langue de traduction.

Lire ensemble dans une traduction commune

Les enjeux

  • Pour favoriser la lecture en groupe d’un même texte, mieux vaut le faire dans une traduction commune. Cela permet de se concentrer sur le texte sans s’éparpiller.
  • Il est recommandé de photocopier le texte pour chaque participant avec éventuellement quelques notes.

Ainsi :
* chacun lit le même texte
* celui-ci se trouve en entier sur une même feuille ce qui évite de tourner une page
* chacun peut souligner des éléments, mettre des flèches, noter des questions en marge, etc.

  • Ce choix n’est pas exclusif : en cours de travail, des références à d’autres traductions peuvent être faites si elles servent l’étude et la compréhension du texte.

Choisir une traduction commune au groupe

Le choix de la traduction dans laquelle le groupe va lire dépend de la composition du groupe, du texte lu et des objectifs de l'animation prévue.

  • Si l’animation accorde de l’importance à l’étude approfondie du texte, on choisira une traduction qui permette cette étude. Lorsque l’animation veut faciliter la proximité entre les lecteurs et le texte, le choix se portera sur une traduction à équivalence dynamique
  • Lorsque le groupe est homogène dans son identité confessionnelle, la traduction choisie pourra être - en fonction des objectifs de l'animation - celle dans laquelle les participants ont l'habitude de lire ou au contraire une traduction nouvelle pour eux.
  • Lorsque le groupe est homogène dans une de ses caractéristiques (groupe de jeunes, groupe de nouveaux lecteurs, etc.), le choix d’une traduction doit tenir compte à la fois du public visé et des objectifs de l’animation.
  • Lorsque le groupe est mélangé, l'animateur/trice peut choisir de favoriser ou non telle ou telle composante du groupe qu'elle soit en partie majoritaire ou minoritaire.

Qui va faire ce choix ?

Cela dépend des circonstances de l'animation : ce sera l'animateur/trice lorsqu'il s'agit de la demande - ponctuelle ou non - d'un groupe avec lequel il n'y a pas de concertation prévue à ce sujet. Dans le cas contraire le choix dépend de la concertation de l'animateur/trice avec le groupe. L'animateur/trice peut, s'il le juge nécessaire, assumer le choix et être prêt à en expliciter les raisons.

De nous à vous

  • Lire dans une traduction commune n'implique pas d'ignorer la pluralité des traductions. Dans la mesure du possible, l'animateur/trice d'un groupe biblique consulte plusieurs versions, en apprécie les différences. De cette façon il se prépare aux questions posées par tel ou tel participant sur la traduction. En effet, des lecteurs qui sont familiers d'une traduction peuvent être perturbés à la lecture d'une autre. Même si l'animateur/trice n'a pas de réponse sur un point technique précis, il peut indiquer de façon générale le pourquoi des différences : texte original difficile, objectifs des traductions, publics visés, etc.
  • Les questions de traduction ne doivent pas prendre trop de place dans la séance à moins qu'elles ne soient un des éléments de l'animation.