Le rôle de l’animateur/trice
Le rôle est de l’ordre de l’être. Dans la vie courante, chaque rôle est assorti d’une autorité qui inspire respect et confiance. Dans un groupe, pour que chacun puisse jouer son rôle, il faut que l’animateur/trice joue le sien. Descriptif pour développer et évaluer ce savoir-être.
Le rôle est de l'ordre de l'être : on est animateur/trice, comme on est père, mère, pasteur, médecin, enseignant etc. Ces rôles sont assortis d'une autorité qui inspire le respect et la confiance.
Par sa seule présence et son savoir-être, l'animateur/trice doit mettre à l'aise et favoriser des dialogues constructifs.
Qu'est-ce qu'un rôle ?
- Observons des enfants qui jouent. La première chose qu'ils font consiste généralement à se distribuer des rôles. Ils choisissent ceux qu'ils connaissent bien : papa, maman, le docteur, l'instit, etc.
- Dans la vie de tous les jours et dans leurs relations les uns avec les autres, les adultes jouent aussi des rôles spontanément ou après réflexion, consciemment ou non.
- Entrer en relation avec une autre personne suppose presque toujours de jouer un rôle. Les sociologues parlent alors de jeu social.
- C'est la raison pour laquelle, l'animateur/trice de groupes bibliques tient à sa disposition ou imagine de véritables jeux. D'un côté, ces méthodes d'animation tiennent des jeux d'enfants ; de l'autre, ils tiennent du jeu social car ils permettent d’accomplir une tâche « sérieuse » et facilitent les relations entre les membres du groupe.
Le rôle suscite un autre rôle qu'on appelle « contre-rôle ».
- Par exemple, le rôle d’enseignant suscite celui d’élève. On comprend qu'il vaut mieux éviter le rôle d'enseignant à l'égard de ceux qui gardent de mauvais souvenirs de l’école !
- En tant que meneur de jeu, l'animateur/trice suscite la participation active des membres du groupe.
Le rôle doit être reconnu par les membres du groupe.
- Diplôme, expérience, réputation font accepter les rôles dits institutionnels (médecin, enseignant, etc.).
- Mais l'attitude, le vêtement - dont on dit à tort qu'il ne fait pas le moine ! - le langage, doivent correspondre à ces rôles. Or ces derniers varient d'une culture à l'autre, d'où des coutumes vestimentaires et langagières très diverses. Il arrive qu'en Occident on appelle son pasteur par son prénom et même qu'on le tutoie. C'est impensable en Afrique, car les rôles de pasteur et de fidèle y sont différents.
- L'animateur/trice sera sensible au contexte socioculturel où il intervient et saura adapter son rôle ou le jouer différemment selon le contexte de son intervention.
Le rôle détermine le type de relation.
- Prenons les exemples du père et du copain. Ils jouent deux rôles différents. La différence d'âge et de génération, le lien familial, la relation avec la mère, les lieux de vie (école, maison) entre autres éléments, font qu'un père ne peut pas être le copain de son enfant et réciproquement. L'amitié, la complicité existe dans les deux cas, mais ne tissent pas le même type de relation.
- L'animateur/trice, par sa seule présence, inspire un type de relation dans le groupe qui facilite la communication entre tous les membres du groupe et par voie de conséquence, la tâche assignée.
Le rôle dépend en partie de la configuration et de l’occupation de l’espace.
- Les mêmes personnes formant un groupe dans une église, dans une école ou sur une plage adopteront des attitudes différentes parce qu'elles jouent des rôles différents selon le lieu où elles se trouvent.
- Les mêmes personnes n'adopteront pas la même attitude suivant qu'elles sont disposées en rangs ou en cercle. La seule présence d'une table modifie l'attitude des membres d'un groupe, car on ne joue pas exactement le même rôle autour d'une table qui permet d'écrire, donc de se centrer sur une tâche, et dans un cercle où l'on reste centré sur le groupe.
- L'animateur/trice sera sensible à la configuration de l'espace pour qu'il soit le mieux adapté possible au rôle que les participants sont appelés à jouer pour remplir l’objectif de la rencontre.
Le rôle doit être « naturel » à la personne qui le joue.
- Si l'histoire de chacun peut prédisposer à certains rôles, elle peut aussi constituer un handicap.
- Pour que chaque membre d'un groupe puisse jouer son rôle, il faut que l'animateur/trice joue le sien.
- Le groupe constitue un reflet du rôle de l'animateur/trice et vice versa.
- Une attention sur soi est indispensable pour que l'animateur/trice acquiert le « savoir être » autrement dit, que ce rôle lui devienne « naturel ». Il sera attentif à ce que le groupe lui renvoie. Cela lui permettra de travailler sur ses capacités et ses difficultés à endosser son rôle. C'est la condition pour progresser.
Bibliographie :
Roger MUCCHIELLI, La dynamique des groupes, Paris : Éditions ESF, 1977
Henri MENDRAS, Éléments de sociologie, Paris : Armand Colin, 1989