L'animateur/trice face aux enjeux de l'animation biblique
Que recouvre le terme « animateur » ?
Animer, est-ce inné ? Le fruit d’un apprentissage ?
Tour à tour catalyseur, régulateur, chef d’atelier, médiateur, guide de randonnée, sage-femme… Et vous, avec quels mots diriez-vous la façon dont vous percevez et vivez l’animation d’un groupe ?
Définition
- Le mot animer vient du latin animare qui signifie donner la vie. (De anima qui signifie souffle, vie). L'animateur/trice donne, insuffle la vie à son groupe (dictionnaire Le Robert).
- Le titre d'animateur/trice n'a pas le même sens pour tout le monde. Pour les uns, il évoque la personne qui met de l'ambiance dans une soirée ou le présentateur qui donne la parole à divers intervenants sur un plateau de télévision. D'autres pensent à l'animateur/trice socioculturel. Ainsi, on peut être animateur/trice de centre de vacances, de réunions, de jeux, de radio et de spectacle, etc.
- L'animateur/trice de groupe biblique a en commun avec tous les autres animateurs/trices d'avoir « plus d'un tour dans son sac » pour faire vivre un groupe, c'est-à-dire pour que ses membres entrent en relation les uns avec les autres en se parlant et en s'écoutant ou, s'ils sont très nombreux, en partageant les mêmes idées ou en ressentant les mêmes émotions.
- « Quand ça marche, c'est génial, mais... » Il arrive en effet que cela « ne marche pas » ou que cela « marche mal ! » S'il est vrai qu'il y a des gens qui semblent avoir plus que d'autres le sens de l'animation , il faut savoir que l'animation est un art qui suppose un minimum de connaissances du fonctionnement des groupes et des techniques inventées ou mises au point au fil du temps. Dire que l'animation requiert des connaissances, c'est aussi dire que l'animation s'apprend.
- L'animateur/trice d'un groupe biblique a une tâche spécifique : il doit faire lire un texte biblique, c'est-à-dire le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas et redécouvrir à ceux qui le connaissent ou croient le connaître.
Animer, cela s’apprend
- Cet apprentissage implique celui qui s'y soumet beaucoup plus que d'autres formations. En effet, on n'intervient pas sur un groupe comme sur un objet, car un groupe est un sujet collectif, un organisme vivant ! La personne de l'animateur/trice, ce qu'il est, son style, sa capacité à faire face à des difficultés voire à « encaisser » des agressions verbales, comptent beaucoup, c'est pourquoi il doit aussi apprendre à s’adapter quand il se voit mis en cause. En d'autres termes, se former à l'animation, c'est aussi accepter de faire un travail sur soi-même.
- Apprendre de nouvelles techniques, mieux comprendre le fonctionnement des groupes, acquérir de nouvelles connaissances bibliques constituent autant d'objectifs permanents, car « c'est en forgeant que l'on devient forgeron ». Mais pour apprendre et faire toujours mieux, il faut faire place à l'évaluation. Identifier et comprendre ses erreurs constitue un secret du progrès. « Nos succès sont utiles aux autres, nos échecs, à nous-mêmes. » (Paul TOURNIER, 1898-1986, médecin, fondateur de l'école de la médecine de la personne).
Approche analogique
L'animateur/trice doit avoir un minimum de connaissance du fonctionnement des groupes, il doit aussi comprendre quel est son rôle et quelles sont ses fonctions. Mais avant d'analyser ces concepts d'un point de vue théorique, cherchons à quoi ressemble le « métier d'animateur ».
L'animateur/trice est comme :
un catalyseur.
En chimie, « un catalyseur est un composant qui est indispensable à la réaction mais qui n'entre pas dans la composition du produit ». Ainsi l'animateur/trice permet de « produire une réaction » et au groupe de fonctionner. Il est indispensable pour que « la mayonnaise prenne ! »
un régulateur ou un arbitre.
Un groupe est riche en forces créatives, positives et négatives, voire en agressivité. L'animateur/trice doit repérer et canaliser ces forces qui agissent dans le groupe et sur les relations entre ses membres pour qu'elles servent à accroître la vie du groupe et favorisent l'accomplissement de la tâche qu'il s'est assignée. Comme un agent de la circulation placé à un carrefour, il donne à chacun son tour de parole.
un chef d’atelier.
C'est lui qui distribue la tâche et vérifie qu'elle est accomplie.
un médiateur.
Ses fonctions l'amènent à présenter le texte ou le thème au groupe et, en même temps, à permettre aux participants d'entrer en dialogue les uns avec les autres. En ce sens, il joue quelque fois le rôle d'un traducteur, (par exemple, il veille à ce que le jargon biblique soit explicité). Il reformule aussi ce qui est dit et veille à ce que tous comprennent bien ce qui est dit.
un guide de randonnée.
II ne porte pas les gens sur son dos, mais les emmène avec lui découvrir de nouveaux paysages. Il n'est pas celui qui sait tout, mais celui qui chemine avec les membres du groupe, et même s'il a préparé le parcours, anticipé quelques difficultés, il sait aussi se laisser surprendre par le point de vue découvert par un autre. En cela, il est prêt à apprendre et à s'enrichir au contact du groupe.
une sage-femme.
Certaines pensées émergent dans l'esprit des participants. Elles sont encore floues, latentes. Il faut aider les personnes à « accoucher » de ces nouvelles réflexions. L'animateur/trice le fait en « tendant une perche », en reformulant, en invitant à préciser, en aidant à aller plus loin.
Penser à l’animation en terme de métier, c'est penser à ses fonctions, donc aux compétences requises : ce qu'il doit savoir faire.
C'est aussi penser à son rôle, c'est-à-dire à ce qu'il est et qui définit l'attitude que l'on adopte à son égard.
Dans la pratique, fonction et rôle s'entremêlent. Pour la théorie, les deux aspects doivent être traités séparément.