Imaginer la suite
La fin du texte a disparu… il revient au groupe d'imaginer une ou plusieurs fins possibles. Cette méthode permet d’entrer dans un texte en éveillant la curiosité et en suscitant l’implication personnelle.
Cadre
Public :
tout public, jeunes et adultes
Nombre de participants :
à partir de 6 personnes
Lieu :
une salle assez grande pour que des petits groupes puissent travailler sans se gêner
Durée :
30 mn
Genre de texte :
textes narratifs et texte argumentatifs
Enjeux
- Entrer dans un texte en éveillant la curiosité et en suscitant l’implication personnelle.
- Constituer le groupe de lecteurs : les participants font connaissance et collaborent.
- Introduire à un travail attentif au texte et à sa/ses visée/s.
Matériel nécessaire
- Paperboard
- Photocopie du texte écourté ( = coupé avant la fin) et sans indications de livre, de chapitre ou de verset. Pour la mise en page, placer le texte sur la partie supérieure d'une page A4.
- Photocopie du texte biblique entier pour chacun.
Démarche
- Choisir un texte narratif (rencontre, guérison, parabole) ou un texte argumentatif relativement simple. Le couper à un endroit où il y a un “ suspense ”, c’est-à-dire à un endroit du récit ou à un moment du raisonnement où plusieurs possibilités de suite peuvent être envisagées.
- Lire le texte biblique écourté à voix haute. Celui-ci peut aussi être affiché.
- Distribuer ensuite à chacun ce texte écourté et demander aux participants d’imaginer la suite et de l’écrire. Le but n'est pas d'essayer de reconstituer le texte tel qu'il se trouve dans la Bible mais de devenir l'auteur de la suite du texte. Ce travail d'écriture peut se faire individuellement ou par petits groupes de 3 ou 4 personnes. Prévoir 15 minutes pour cette étape.
- En plénière, chacun ou chaque sous-groupe lit le texte avec la fin qu'il a imaginée.
- Le texte biblique en entier est ensuite distribué et lu à voix haute.
- Inviter ensuite le groupe à exprimer les grandes différences perçues entre les textes imaginés et le texte biblique. Cette comparaison permet de découvrir ce que le texte biblique dit d’étonnant ou d’inhabituel ou de choquant. Elle met aussi en évidence les divers points de vue et perspectives : ceux du texte biblique et ceux exprimés au sein du groupe.
- A partir de là le groupe est en mesure de travailler de façon plus approfondie sur le texte et de dialoguer avec lui, avec une visite guidée par exemple.
Une variante de cette méthode consiste à terminer un récit biblique qui ne donne pas la fin de l’histoire qu’il raconte. Cette variante intervient alors après une lecture approfondie du texte, en guise d'appropriation.
Quelques exemples de ce type de texte :
* le livre de Jonas ne dit pas comment Jonas réagit à la parole de Dieu à la fin du chapitre 4 ni ce qu’il va faire.
* La lettre de Paul à Philémon ne dit pas ce que Philémon a fait après l’avoir reçue.
* la parabole racontée en Luc 15.11-32 ne dit pas si le fils aîné accepte de rentrer dans la maison du père et de se réjouir du retour de son frère.
En général les récits qui ne se terminent pas cherchent à interpeller le lecteur. Imaginer la suite de l'histoire racontée permet de réfléchir à la question posée par le texte biblique et d'y apporter sa propre réponse, individuellement ou collectivement.
Intérêt et limites
- Cette méthode est appropriée aussi bien lorsque les participants connaissent bien le texte biblique que lorsqu'ils ne connaissent pas ou peu le texte biblique.
- Elle permet de découvrir et de mettre en valeur la singularité du texte biblique.
- Elle est intéressante à utiliser en groupe intergénérationnel.
De nous à vous
- Cette méthode peut être l'occasion de rencontrer la question du statut du texte biblique pour chacun. En effet, dans un groupe, certains participants se prêtent volontiers à cet exercice, ayant une relation assez libre avec le texte biblique, d'autres sont mis en difficulté, s'ils considèrent que le texte biblique est "intouchable". En ce cas, le rôle de l'animateur/trice est de nommer cette réalité, d'encourager les personnes réticentes mais aussi d'accepter que certains préfèrent finalement ne pas prendre part à l'exercice. L'animateur/trice veille alors à ce que ces personnes ne se sentent pas exclues.